Andrus Kivirähk - L’homme qui savait la langue des serpents et Les groseilles de Novembre

lundi 7 mars 2022
par  Magali

Andrus Kivirähk est estonien. L’Estonie est un pays qui, comme chacun le sait, se trouve vaguement par-là, mais où jamais personne n’est allé. Et voici que les beaux romans du Tripode nous y offrent un voyage !
Nous embarquons alors sur des mots qui glissent comme sortis des contes de notre enfance, ou d’une époque lointaine et oubliée, si lointaine et si oubliée qu’on ne l’a peut-être même jamais connue. Et pourtant on avance, comme si on était déjà un peu chez soi, dans cette Estonie féérique et hors du temps où les ours s’accouplent avec des femmes et où d’anciennes créatures vivent cachées, encore loin de toute évolution, dans une sagesse depuis perdue. On s’y sent bien, comme dans une vieille couverture que l’on aurait enfin retrouvée, qui sent bon la cannelle et le thé trop infusé, on s’y enroule et on sourit, on rit au fil des aventures de ces personnages tous plus extravagants les uns que les autres.
Et les temps se chevauchent, dans un même livre et d’un livre à l’autre, on se fait tout léger pour suivre leurs bonds dans cette Estonie mythologique, où l’on construit de drôles de bonshommes à partir de tout et de rien, de drôles de bonshommes qui eux aussi, comme les ours, peuvent être des pères ou des grands-pères.

Les romans de Kivirähk ont la fraîcheur d’une révélation qui coule comme un torrent d’été, vous savez, ces torrents de montagne qui traînent dans leurs eaux les fontes des hautes neiges, et c’est exactement ça : ils traînent dans leurs mots une vieille magie, qu’on croyait oubliée, qu’on croyait pétrifiée, et qui revient, virevoltante, et nous emporte sur un souffle d’air chaud ou un balai usé.


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